Appel à contribution/publication pour doctorants et jeunes chercheurs. Sociologie, science politique, anthropologie


Émulations est une revue de jeunes chercheurs éditée et produite entièrement par des jeunes chercheurs (étudiants de master, doctorants, post-doctorants) ainsi que de jeunes professionnels du secteur socio-politique utilisant les outils des sciences sociales dans leur pratique. 

À ce titre, Émulations encourage fortement les doctorants et jeunes chercheurs en sciences sociales (sociologie, anthropologie, sciences politiques, économie, démographie, histoire...) à soumettre un article issu de leur travail de recherche. Les articles doivent respecter les consignes générales de la revue en termes de taille et de normes d'édition. 

Le travail de publication se fait en collaboration avec le comité de rédaction de la revue ainsi qu'avec le comité de lecture. Tous les articles qui nous sont soumis reçoivent dans les meilleurs délais possibles un retour critique tant sur le fond que la forme du texte. Le monde de l'édition peut souvent paraître difficile d'accès. Émulations a entre autres pour vocation d'accompagner les jeunes chercheurs dans cette part importante du métier de chercheurs que nous devons apprendre lorsque nous nous lançons dans la carrière académique.

Pour finir, voici quelques pensées sur le rôle d'une revue de jeunes chercheurs dans l'horizon des revues académiques publiées par Stéphane Baele (doctorant en philosophie politique) dans l'éditorial du premier numéro de la revue et qui restent tout à fait d'actualité aujourd'hui.

"Un recueil de poésies de Michel Houellebecq s’intitule, un peu sous la forme d’une question, « Le sens du combat ». À bien penser, ce tire remarquable devrait peut-être donner les premiers mots de chaque texte de «science» sociale, ou du moins fixer le thème de son introduction, tant il est évident que la recherche actuelle dédiée à l’homme se laisse tenter par une dérive positiviste et utilitaire. 

Quel discipline reprend aujourd’hui encore comme première interrogation celle du sens de son combat, avant de se livrer à ses combats d’écoles ou de logiques ? Ou plus encore, y a-t-il jamais eu pour l’entièreté du champ académique des sciences de l’homme une telle question ? 

C’est sur l’ambiguïté de cette question – et surtout de sa réponse – que repose le projet de la revue Émulations, qui se lance ici. De deux manières. 

Avant tout, nous pensons que le sens du combat des sciences sociales est de produire une critique. Et dans le sens le plus kantien du terme : en comprenant que l’impossibilité de la connaissance ne conduisait pas à devoir limiter nos enquêtes aux phénomènes, mais bien à les étendre aux confins de ce qui existe. En d’autres termes, accepter le risque de l’originalité plutôt que le carcan de la méthode classique, ou pour les plus désabusés prendre le pari de la jeunesse plutôt que celui de l’expérience. Le sens du combat des sciences sociales, pour nous, est celui de l’originalité et de la remise en cause des conventions. 

Mais à moins de croire béatement à un succès immédiat de la revue, comment espérer que son existence même ait un sens ? Pourquoi fonder, une nouvelle revue, étudiante ? On choisira entre deux réponses : celle – enthousiaste – de celui qui veut participer au savoir d’une façon active, ou celle – cynique – de celui qui voit le système actuel de publication comme un obstacle absurde mais qui doit néanmoins y participer, ou le contourner. En définitive, ce choix importe peu, puisque la revue Émulations combine ces deux objectifs : offrir une tribune aux essais de qualité des étudiants, et en même temps leur permettre de rentrer dans la communauté scientifique, puisque c’est sans doute aujourd’hui à la quantité des publications que se lit la compétence du chercheur. 

Ce genre de revue académique, le monde universitaire francophone en a certainement besoin, distancé déjà, comme dans tous les autres domaines qui importent maintenant, par le monde anglo-saxon. Le but de notre revue, en ce sens, c’est son nom. Créer la possibilité d’une saine émulation des jeunes chercheurs francophones, et en première instance vis-à-vis d’eux mêmes, est l’objectif de la revue, qui espère rassembler des essais venant des quatre coins de la francophonie." 

Stéphane Baele, "Éditorial au premier numéro de la revue", Émulations,1, 2007.