La construction scientifique des sexes

Éditorial. La construction scientifique des sexes 

Par Stéphanie Pache, Laura Piccand & Cécile Charlap
Mis en ligne le 18 août 2015
Formats disponibles : HTML | Papier | PDF

La naturalisation des sexes, c’est-à-dire leur appréhension comme un « fait de nature », constitue probablement à la fois la cible du constructivisme le plus nécessaire et son objet le plus difficile. L’évidence de l’existence de catégories de sexes et de corps sexués apparaît si tangible que leur production sociale reste difficile à penser. Le caractère ardu de cette tâche est renforcé par le fait que les sciences sont tout aussi empreintes de cette conception essentialiste des sexes. C’est pourquoi les études sociales et historiques des sciences et de la médecine jouent un rôle essentiel dans la compréhension des processus de naturalisation. La période contemporaine conçoit communément la nature comme l’objet le plus pur de la science la plus exacte, prêtant ainsi une force de vérité plus grande aux positions naturalistes, autorisées à revendiquer plus d’objectivité, qu’aux programmes constructivistes. La dichotomie objectivité/subjectivité a ainsi été longtemps appliquée avec l’idée que la nature serait hors du social et constituerait un « bon objet » de cette objectivation, alors que les objets des sciences sociales seraient trop complexes pour être rigoureusement objectivés, en particulier car nous faisons partie de ce tissu social. Nous avons ainsi choisi d’intituler ce numéro « La construction scientifique des sexes », avec le projet d’aborder de front la pertinence de ces oppositions, en prenant pour point d’intérêt central les catégories de sexe, suivant par-là la lignée des travaux entrepris sur ce thème par les études féministes des sciences et de la médecine (Fausto-Sterling, 2000 ; Gardey & Löwy, 2000 ; Rouch et al., 2005).

Une question épistémologique

L’expression « construction scientifique » a pour ambition de convoquer deux notions considérées parfois comme antithétiques : l’idée de construction sociale (Berger & Luckmann, 1966) et la production de connaissances scientifiques. L’association de ces termes est un moyen de rappeler à la fois que le constructivisme est une approche scientifique et que considérer les savoirs comme des productions sociales n’implique pas un relativisme excluant toute production de connaissances scientifiques valides. Cette formule propose ainsi une forme de mise en abîme de la démarche scientifique. Pour mieux la cerner, quelques remarques préliminaires, qui n’échapperont sans doute pas à un certain schématisme, nous semblent importantes.

En premier lieu, nous souhaitons éviter toute confusion liée à l’erreur trop fréquente consistant à disqualifier le constructivisme en le rapportant à une doctrine relativiste, voire non réaliste. La nature d’une construction sociale ne doit, en effet, pas être opposée à la réalité. De même, l’idée que la réalité est sociale ne s’oppose en rien à la possibilité de l’objectiver. Ceci n’oblitère toutefois aucune discussion sur les moyens de son objectivation. Ainsi, l’analyse de la construction sociale de catégories biologiques de sexe ne nie pas la réalité de phénomènes biologiques, mais souligne les processus scientifiques qui caractérisent ces phénomènes comme étant sexués, construisant la sexuation des corps et des individus comme biologique, alors même que la bicatégorisation des sexes s’inscrit dans des institutions sociales que l’on peut étudier scientifiquement. Concernant l’accusation de relativisme, de même que Ian Hacking (2001) a posé la question « la construction sociale de quoi ? », il serait judicieux d’interroger les phobiques du relativisme avec une question similaire : « la relativisation de quoi ? ». La réification du relativisme en une doctrine aux contours variables s’inscrit souvent dans un refus de toute remise en question d’universaux. Or, cette remise en question est précisément l’objet d’une approche critique des sciences et de la médecine[1]. Une certaine forme de relativisme est ainsi au cœur de la démarche historique et sociologique, qui s’emploie à situer les phénomènes dans leurs espaces sociaux, à les mettre en relation[2]. Ce dossier souhaite précisément mettre en lumière les processus sociaux à l’œuvre dans la construction scientifiques des sexes.

En second lieu, plus traditionnellement, l’opposition nature/culture – social/biologique ; naturel/artificiel ; naturalisme/antinaturalisme, etc. – nourrit les feux de controverses sans fin. Ce que recouvre l’idée de nature dans ces différentes polémiques reste trop souvent peu explicité. Face à la division traditionnelle des individus entre «  femmes-nature » et « hommes-culture », les féministes ont choisi de penser la nature de cette « nature », ramenée à un corps, une dimension biologique, une matérialité (ou physicalité) (Mathieu, 1973, 1985 ; Tabet, 1985 ; Guillaumin, 1992). En outre, les approches dites naturalistes postulent bien souvent la « nature » comme une essence, plutôt qu’elles n’étudient un objet ontologiquement indéterminé, dont la production et le fonctionnement sont le fruit de phénomènes de type a priori indéterminé. La distinction biologique/social est cependant construite à partir de représentations sociales associées à ces « matériaux » : le biologique comme déterminé, déterminant, naturel, nécessaire et le social comme fabriqué, artificiel, contingent. Un point de litige récurrent réside donc dans la détermination des causes, raisons, déterminismes des phénomènes étudiés. Or, les approches critiques des sciences, biologiques comme sociales, dans lesquelles s’inscrit ce dossier, sont précisément celles qui remettent en question la dichotomie entre biologique et social. Elles mettent ainsi en évidence, d’une part, la nécessité de penser la matérialité biologique comme produit autant que comme productrice de social sans verser dans un biologisme rigide –, et, d’autre part, les institutions sociales comme contraignantes sans non plus verser dans un structuralisme dogmatique.

En troisième lieu, il semble important de mentionner la division entre individualisme et holisme, qui traverse ces questions. Nous nous inscrivons ainsi dans les approches critiques constructivistes qui cherchent à penser ensemble la capacité collective de transformer des institutions et leur « pouvoir instituant »[3], c’est-à-dire les phénomènes imprévus, non déterminés, tout autant que les limites imposées par les conditions matérielles – au compte desquelles peuvent être inscrites les capacités biologiques –, mais qui sont néanmoins toujours des processus socio-historiques. À l’inverse, les approches naturalistes adoptent généralement une position individualiste séparant individu et société et concevant théoriquement un individu « intact », un idéal de ce qu’il serait sans la société qui le « corrompt ». Leur vision d’une société d’individus ne laisse la place à des mécanismes collectifs qu’en tant que mécanismes échappant à leur contrôle, « extra-sociaux », comme sont généralement conçus les phénomènes biologiques. C’est également en résistance à cette vision que les approches féministes des sciences et de la médecine défendent une « socialisation du biologique », contre cette conception d’un matériau biologique désocialisé.

Soulignons, enfin, la polysémie du terme naturalisme, qui engendre des débats au sein même des études féministes des sciences, parfois sur la base d’un désaccord réel – notamment sur les questions d’objectivité et d’objectivation[4], mais aussi, trop souvent, sur un malentendu lié à l’ambivalence d’un mot employé dans tant de sens et d’usages, différant notamment selon les disciplines et les contextes linguistiques. Ainsi, l’antinaturalisme des un·e·s, qui voulait dénoncer l’essentialisme de l’idée de nature et la défense en son nom de normes, se voit compris par d’autres comme une négation de la possibilité d’objectivation scientifique, ou encore comme un déni de toute matérialité[5]. Ces oppositions ne nous paraissent ni nécessaires ni opportunes. Il nous semble possible d’étudier les pratiques et les discours scientifiques comme des productions sociales en défendant une perspective réaliste mais antinaturaliste, qui prenne en compte la matérialité biologique dans ses analyses.

Une question d’objet

La démarche scientifique relève de processus sociaux. Elle contribue à la formation et au maintien des institutions sociales, du fait de l’autorité qu’on lui attribue dans les sociétés occidentales contemporaines, ainsi que celle des professionnel·le·s qui fondent sur elle leur légitimité, comme, par exemple, le corps médical (Freidson, 1984 ; Conrad, 1992). Interroger la construction scientifique des sexes tel que ce dossier le propose s’inscrit ainsi dans ce processus à double sens. Il s’agit, en effet, tout autant de mettre en évidence le fait que les savoirs sont produits par des personnes prises dans des institutions de sens qui mobilisent des catégories sociales, que d’éclairer le fait que ces savoirs participent de l’institution de ces catégories. Le rôle des discours scientifiques n’est cependant pas indépendant du lieu et de la période où on les mobilise. Il est façonné par les modes de véridiction en vigueur, qui leur accordent plus ou moins d’importance et de confiance.

Les sciences naturelles occupent ainsi, dans le contexte social qui est le nôtre, une place de choix dans l’un des processus de catégorisation les plus significatifs de notre organisation sociale : les sexes[6]. La perspective dominant la scène contemporaine ramène ainsi les catégories de sexes à une différenciation de caractéristiques biologiques. Cette conception des sexes comprend plusieurs dimensions mettant en jeu les représentations du biologique : sa réalité, son déterminisme, son caractère essentiel et naturel, comme « ce qui doit être ». La construction scientifique des sexes s’entend dès lors comme la part construite par les sciences des catégories de sexes, en particulier la construction des sexes comme entités biologiques par des procédures scientifiques naturalistes. Elle remet également en question l’opposition entre la nature d’une construction sociale et celle de la réalité, entre l’objectivation d’un fait social et celle d’un phénomène biologique [7].

L’adoption d’une perspective féministe, que nous revendiquons, se traduit a minima par une critique des inégalités entre les sexes. Les critiques féministes des sciences s’emploient à discuter de nombreuses catégories jouant un rôle dans la hiérarchisation des sexes. Il s’agit d’opérations de déconstruction qui concernent plusieurs lieux, matériels ou conceptuels, où les catégories de sexes sont essentialisées, réifiées. Nous soulignons ici, par exemple, qu’une démarche d’historicisation de la notion de nature et des démonstrations naturalistes permet de questionner la conception des sexes comme entités biologiques indiscutables et objectivables, aux propriétés et fonctions particulières, et le rôle des sciences dans l’entérinement contemporain de cette croyance. Cette naturalisation des sexes doit être appréhendée en regard des rapports sociaux qui produisent, en les hiérarchisant, les groupes sociaux qui sont institués comme sexes (Guillaumin, 1992). Comme le montrent les recherches féministes, cette définition des sexes comme institutions sociales résiste mieux aux faits que la croyance en deux sexes biologiques distincts. Les rapports sociaux de sexes sont néanmoins invisibilisés, et leur dynamique, effacée par la naturalisation des catégories de sexes. Cette essentialisation n’est pas uniquement le fait d’une pensée naturaliste. L’hypothèse biologique offre une légitimation à une situation qui, n’étant pas comprise comme la résultante de rapports sociaux, devient un état de fait, et donc, conformément à un cadre de pensée largement partagé, un fait de nature. La définition des sexes par les sciences et la médecine – autant au sens de dessiner leurs limites que de révéler leur substance – n’est que l’un des processus de rationalisation de cette hiérarchie sociale. S’interroger sur la construction scientifique des sexes participe alors non seulement d’une démarche de déconstruction des processus réifiant les sexes, mais aussi d’une analyse plus générale des sciences, de leur production et de leurs usages.

Une question politique

Les études critiques des sciences sont le produit d’une volonté de remise en question des institutions scientifiques nourries par des enjeux politiques concrets. Il s’agit de jeter le trouble dans ce qui se présente comme limpide[8] : troubler l’ordre social en discutant ce qui se donne pour naturel ou objectif (les sexes, les races, notamment) ; troubler le rôle de la science comme dispositif contribuant au maintien de cet ordre ; troubler les sciences en interrogeant leurs pratiques et méthodes. Nous nous inscrivons dans ce projet politique.

Sur les thématiques que ce numéro propose, ces positions – en particulier la critique des catégories de sexes et de leur détermination biologique – conduisent à envisager des hypothèses constructives, qui permettent notamment de réinterroger les dichotomies évoquées et de repenser des catégories. Ce positionnement amène, en effet, à la fois à questionner l’idée que le biologique serait un matériau non socialement produit et celle que le social serait dématérialisé, ou sans lien avec une réalité biologique. Il ne s’agit pas de défendre l’idée d’un privilège épistémique des personnes dominées, comme le soutiennent certaines chercheuses féministes (Hartsock, 1983), mais de rendre compte du fait qu’une démarche scientifique qui n’a pas la prétention irréaliste d’être désintéressée, précisément par cet intéressement manifeste, pose des questions heuristiques. Si « toute connaissance est une réponse à une question », comme l’affirme Gaston Bachelard (Bachelard, 2011[1938], 16), il est néanmoins possible de considérer que toutes les questions ne se valent pas. La volonté de remettre en question l’ordre établi pourrait ainsi fournir un avantage aux approches engagées dans une transformation des institutions. Ce bénéfice serait néanmoins offert davantage par un intérêt incitant à se donner les moyens d’interroger à nouveaux frais des institutions, plutôt que par un accès privilégié à la réalité.

Travailler la construction scientifique des sexes

Les études féministes des sciences constituent un domaine de recherche relativement récent qui se développe depuis les années 1980 (Oudshoorn, 2000). Les contributions proviennent en grande partie d’auteures anglophones et le domaine s’est surtout institutionnalisé – tout en restant marginal – dans les pays anglophones et les pays d’Europe du Nord. Le développement de travaux francophones, bien qu’en nombre plus restreint, témoigne cependant de l’intérêt croissant pour ce domaine dans la sphère francophone. On compte parmi les pionnières qui ont participé à ces réflexions critiques sur les sciences des chercheuses comme Michèle Le Dœuff (1998), Ilana Löwy (2003, 2006), Cynthia Kraus (2000b, 2011) ou Delphine Gardey (2006, 2013a), cette dernière ayant en outre fait un travail important de diffusion, traduction et médiation des travaux de langue anglaise[9]. Ce numéro publie des contributions de jeunes chercheuses qui s’inscrivent dans ce mouvement de recherche et prolongent les pistes et les invitations suggérées par leurs devancières. Ces contributions analysent ainsi des discours médicaux et scientifiques qui adoptent une approche naturalisant les catégories de sexes ou jouent un rôle dans la production scientifique sur les questions de sexe. Elles s’intéressent à la façon dont les contextes et les enjeux sociaux ont façonné les démarches des scientifiques, ainsi qu’aux effets produits par ces discours dans la société. Les articles de ce numéro peuvent être regroupés autour de trois notions clés : le genre, la catégorie et la mesure.

Julie Mazaleigue-Labaste et Michal Raz retracent ainsi deux histoires mettant en jeu la façon de penser le genre à partir de situations problématiques pour la médecine. Julie Mazaleigue-Labaste s’intéresse aux écrits de psychiatres et de sexologues avant la lettre, qui, dans la France et l’Allemagne de la fin du XIXe siècle, ont mobilisés des approches psychologiques pour distinguer les notions de sexe, d’identité de genre et d’orientation sexuelle au sujet des homosexualités, bien avant les recherches sur l’intersexuation ou la transsexualité du XXe siècle. Cette opération s’inscrit dans un projet politique, mené par des militants qui sont aussi des savants, de dépénalisation et dépathologisation des homosexuel·le·s. De son côté, Michal Raz travaille les discours médicaux sur l’intersexuation en examinant le traitement du terme gender dans les échanges médicaux franco-américains des années 1955-1975. Son analyse de la traduction du mot offre une perspective inédite pour comprendre la circulation de ces savoirs et leur réception française. Elle souligne la façon dont une divergence conceptuelle, liée à la prégnance de la psychanalyse en France, conditionne les pratiques médicales françaises, et le rôle de cette réception médicale dans la compréhension et la mobilisation du concept de genre en France.

Delphine Pereitti-Courtis et Cécile Charlap s’intéressent, quant à elles, au travail de catégorisation du regard médical. Delphine Pereitti-Courtis évoque les travaux des anthropologues et médecins français entre 1780 et 1950 pour souligner la façon dont des représentations essentialistes sur les Africain·e·s, et plus généralement sur le sexe, la sexualité et la race, sont rationnalisées et incorporées dans des savoirs médicaux qui participent à leur renforcement et à leur légitimation. L’histoire du concept de ménopause permet à Cécile Charlap de mettre en évidence le rôle de la cristallisation d’un modèle biologique binaire des sexes dans son apparition au XIXe siècle. Elle souligne la façon dont le modèle hormonal dominant le début du XXe siècle réinterprète la ménopause comme une déficience propre aux femmes dans leur ensemble et comment cette conception conditionne les expériences des femmes.

Eva Rodriguez et Laura Piccand prolongent ces considérations sur le façonnement médical de la réalité en étudiant plus particulièrement les processus de mesure dans la production des savoirs. Pour Eva Rodriguez, les conceptions des médecins français sur les colonisé·e·s d’Afrique n’émergent pas uniquement de carnets de voyage, mais se sont constituées au sein d’une science de laboratoire, l’anthropométrie. La passion de l’anthropologie physique pour la mesure des corps et le développement d’instruments permettant d’évaluer et de catégoriser les corps s’illustre également dans la mesure de la croissance. Laura Piccand revient dans son article sur l’histoire d’un artefact particulier, les stades de Tanner, utilisé aujourd’hui encore pour évaluer le développement pubertaire des filles et des garçons. Elle montre comment cet artefact participe à la construction de normes de sexuation des corps, en même temps qu’il est produit par ces mêmes normes.

Enfin, ce numéro publie une exclusivité avec l’entretien mené par Vanina Mozziconacci. Cet entretien constitue en effet la première publication en langue française de Rebecca Jordan-Young, actrice importante des feminist science studies, ayant notamment contribué à l’étude critique de la neuroendocronologie et des conceptions de la race et du sexe dans la biomédecine contemporaine.

Bibliographie

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Berger P., Luckmann T. (1966), The social construction of reality. A treatise in the sociology of knowledge, New York : Double Day & Company.

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Löwy I. (2003), « Intersexe et transsexualités : les technologies de la médecine et la séparation du sexe biologique du sexe social », Les Cahiers du genre, 34, pp. 81-104.

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Rouch H., Dorlin E., Fougeyrollas-Schwebel D. (dir.) (2005), Le corps, entre sexe et genre, Paris : L'Harmattan.

Tabet P. (1985), « Fertilité naturelle, reproduction forcée », in Mathieu N-C., L'arraisonnement des femmes, Paris : Éditions de l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales, pp. 61-146.

Touraille P. (2011), « L’indistinction sexe et genre, ou l’erreur constructiviste », Critique, 1, pp. 87-99.



[1] Pour une présentation de ces débats et une discussion nuancée des relativismes, voir le numéro thématique « Faut-il avoir peur du relativisme ? » publié par la revue Tracés en 2007, en particulier l’éditorial de Coste, Costey et Monnet (2007).

[2] La position tentant de tenir ensemble constructivisme et un relativisme niant toute réalité en dehors de soi est cependant contestable. Lemieux (2012) fait ainsi une critique de la « déréalisation » produite par une étude de représentations et de discours conçus comme constructions sociales qui se détache des conditions matérielles et pratiques de leur production.

[3] Sur la conception de l’institution comme instituée et instituante, voir par exemple le texte “Institution première de la société et institutions secondes” in Castoriadis (1999[1985], 139-152).

[4] Pour une tentative de synthèse des débats entre féministes « empiristes » et les épistémologies du point de vue, voir Intemann (2010).

[5] Pour un exemple caractéristique, voir Touraille (2011). On trouve dans la proposition d’« alternaturalisme » de Thierry Hoquet une discussion bien plus nuancée, bien qu’au final, l’idée de nature qu’il se réapproprie ressemble de près à la définition de la réalité : « [l]a nature implicitement présupposée par l’alternaturalisme n’est en rien une entité normative, principe de référence ou même limite de nos activités : elle n’est ni un ordre auquel il faudrait se soumettre, ni une force à laquelle il faudrait se conformer. Mais sans dériver l’humain de l’animal, il s’agit de ne pas négliger un ensemble de phénomènes vitaux, dont nous sommes partie prenante » (Hoquet, 2015, 48). Et enfin, on trouve chez Cynthia Kraus une perspective et une formulation différentes, mais essentielles, de ces enjeux (Kraus, 2000, 2005).

[6] Précisons que rendre compte de la participation des sciences dans l’organisation de groupes sociaux ne nous conduit pas à les réduire à cette fonction, ni à comprendre la démarche scientifique comme une opération consciente et stratégique de domination.

[7] Pour ne pas entériner cette dichotomie, il nous paraît d’ailleurs plus clair dans ce texte de n’utiliser que le terme de sexe, et non de l’articuler avec celui de genre, comme proposé par d’autres auteur·e·s. Ce choix ne témoigne cependant pas d’une condamnation théorique du genre, mais plus assurément d’une divergence stratégique. Pour une discussion des problèmes que peut poser la recréation d’une dichotomie sexe/genre, voir Kraus (2005).

[8] Une démarche similaire à celle de Judith Butler dans Trouble dans le genre (2005 [1990]).

[9] Notamment les travaux de Donna Haraway en francophonie : Gardey (2009, 2013), ainsi que l’édition d’une anthologie avec Laurence Allard et Nathalie Magnan (Haraway, 2007).

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Émulations n°15 - 
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