entre mobilité et migration sociologie de la migration

Du diplômé mobile au travailleur migrant. Parcours de jeunes occidentaux dans les Territoires Palestiniens occupés

Par Clio Chaveneau*  

*Université Paris Sorbonne Abu Dhabi – Institut français du Proche-Orient, antenne Territoires palestiniens.
Mis en ligne le 22 décembre 2016

Formats disponibles : HTML | Papier | PDF

[Résumé] Au-delà de l’accroissement numérique portant à 232 millions le nombre de migrants internationaux dans le monde, on note une diversification des profils migratoires. Parmi ces derniers se trouvent de jeunes diplômés occidentaux qui s’installent dans des pays du « Sud », en quête d’épanouissement personnel et de construction professionnelle. Du fait de l’assistance internationale orientée vers cette région, les Territoires palestiniens occupés sont ainsi devenus un espace d’opportunités pour de jeunes diplômés européens et nord-américains. S’ils viennent initialement pour un stage ou un contrat de courte durée, nombre d’entre eux restent finalement pendant plusieurs années. Cet article analyse la façon dont leurs carrières migratoires se construisent et de quelle manière de jeunes diplômés mobiles à l’international deviennent progressivement des migrants.

Mots-clés : Territoires palestiniens occupés, parcours migratoires, mobilités du Nord vers le Sud, carrière migratoire, aide internationale.

[Abstract] Beyond the numerical growth bringing to 232 million the number of international migrants worldwide, we notice the diversification of migrant profiles. Among them, freshly-graduated Northern citizens go live in the Global South for personal and professional purposes. Indeed, due to the massive international assistance poured into this region, occupied Palestinian territories have become a land of opportunities for young European and American professionals. If they arrived in oPt for an internship, many of them end up settling in. This paper aims to analyze the progressive construction of their migratory careers and how highly-educated international young graduates become migrants.

Keywords: Occupied Palestinian territories, migratory paths, North to South mobilities, migratory career, international aid.

Introduction

Les migrations internationales ont connu un véritable essor ces dernières décennies : de 154,2 millions de migrants dans le monde en 1990, on a atteint le nombre de 231,5 millions en 2013, soit 50 % d’augmentation en 33 ans (OECD, UNDESA, 2013), alors que la population mondiale s’est accrue de 33 % sur la même période. Parallèlement, les profils migratoires semblent s’être diversifiés, faisant apparaître de nouveaux visages – plus féminins, plus urbains ou plus qualifiés – mais aussi de nouveaux itinéraires et de nouvelles formes de circulation (Wihtol de Wenden, 2013). Cette diversification a permis de faire émerger dans le champ des études migratoires des mobilités et des acteurs jusque-là peu étudiés. C’est le cas par exemple des migrations issues de pays du « Nord » vers des pays du « Sud »[2]. Leur volume apparaît quantitativement plus faible que celui d’autres flux migratoires, néanmoins leurs implications économiques, politiques et culturelles sont significatives tant pour les lieux de destination que d’arrivée (Croucher, 2012 ; Fechter, Walsh, 2010)[3]. Certains pays du « Sud » semblent plus propices que d’autres à ce type de mobilité, en raison notamment de la proximité géographique, culturelle ou linguistique avec les zones de départ, des conditions de vie possibles (Benson, O’Reilly, 2009 ; Bousta, 2007 ; Croucher, 2012) ou des imaginaires relatifs à ces destinations (Korpela, 2010 ; Salazar, 2014). Dans ce contexte, le Moyen-Orient peut sembler, à première vue, une destination migratoire surprenante, compte tenu de l’instabilité politique caractérisant la région. Pourtant, des centaines d’individus européens et nord-américains[4] résident actuellement dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).

Cet article s’intéresse aux parcours d’une partie des ressortissants européens et nord-américains résidant dans les TPO et vise à explorer la question du devenir migrant, soit le basculement entre une situation de mobilité internationale et une installation plus durable à l’étranger. L’analyse repose sur quarante entretiens et des observations ethnographiques réalisés entre 2010 et 2015 auprès d’individus arrivés dans le cadre d’un stage, d’un contrat de travail local ou en freelance. Motivés par une opportunité professionnelle, l’envie de découvrir la région ou de mieux comprendre le conflit israélo-palestinien, ces jeunes travailleurs[5], diplômés en droit international, en gestion de projets humanitaires, en relations internationales, en journalisme ou encore en agronomie, sont prêts à travailler sous un statut autre que celui de détaché ou d’expatrié[6]. Ils profitent d’une période de transition entre leurs études et le début de leur vie active pour saisir des opportunités professionnelles demandant une disponibilité et une flexibilité importantes.

Ainsi, depuis les années 1990, de plus en plus de ces jeunes trouvent dans l’espace palestinien un terrain idéal pour leurs premières expériences professionnelles, conjugué à un environnement stimulant et unique. Leur séjour initialement envisagé comme temporaire se prolonge souvent au gré des opportunités professionnelles et de l’attachement affectif et politique qu’ils développent pour la société palestinienne. Toutefois, ce phénomène doit aussi être lu à la lumière des dispositions sociales à la mobilité de ces jeunes, majoritairement issus de milieux sociaux privilégiés, tournés vers l’international, ainsi que des conditions politiques et économiques présentes dans les TPO. Pour cela, le concept de « carrière » (Becker, 1985) appliqué au champ des études migratoires (Martiniello, Rea, Triest, 2010) est particulièrement pertinent : au fil de leurs expériences, les acteurs modifient leurs conceptions des « possibles » et leurs projets personnels, professionnels ou migratoires changent. Cette notion permet d’intégrer différents niveaux d’analyse – individuel, collectif et macrosociologique[7].

Cet article vise à éclairer les carrières migratoires d’acteurs partis individuellement dans les TPO et s’appuiera, dans cette optique, sur les parcours de trois enquêtés – Cécile, Nathan et Scott, respectivement de nationalité française, américaine et britannique – particulièrement représentatifs des trajectoires professionnelles et personnelles des migrants résidant dans les TPO.

1. Les mobilités vers les TPO, entre contexte économique favorable et obstacle politique à l’installation

La présence de ces individus dans les TPO est un phénomène au croisement de deux tendances : l’augmentation et la diversification des départs des pays du « Nord » et la création d’un contexte favorable à l’arrivée dans certains pays du « Sud ».

Sous occupation israélienne depuis 1967, les TPO offrent un cas d’étude particulièrement riche pour comprendre comment un pays en situation de crise peut devenir une destination migratoire. À partir des années 1990, les opportunités d’emploi apparues sur le marché du travail local ont favorisé la venue de travailleurs occidentaux dans les secteurs de l’aide internationale, du journalisme, de l’enseignement, de la recherche et de l’analyse politique. Cette situation résulte d’une politique d’assistance internationale initiée en 1993 suite à la signature des accords d’Oslo entre Israël et l’Organisation de Libération de la Palestine[8]. Ce processus de paix est alors encouragé financièrement par la communauté internationale, notamment les États-Unis et les pays européens. Une décennie plus tard, malgré l’échec des négociations et l’impossibilité d’un développement économique pérenne sous occupation, les bailleurs de fonds internationaux ont poursuivi cette politique d’assistance, augmentant même les montants de l’aide au cours des années 2000 au moment de la Seconde Intifada (Keating, Le More, Lowe, 2005). L’aide internationale cumulée s’élève actuellement à cinq milliards de dollars par an, pour une population de 4,17 millions d’habitants. C’est dans ce contexte que plusieurs organisations internationales, gouvernementales, multilatérales ou non-gouvernementales, se sont installées dans les TPO, entraînant l’internationalisation des secteurs économiques bénéficiant de l’aide. Ce domaine d’activité a créé des opportunités d’emploi pour une frange de la population palestinienne issue de milieux sociaux privilégiés et pour des Européens et des Américains détenteurs de diplômes de haut niveau (majoritairement Bac+5).

En outre, si les TPO sont considérés comme une zone de conflit, la situation quotidienne, notamment pour les étrangers, apparaît plus agréable et moins dangereuse que dans de nombreux autres pays en situation de guerre. Depuis la fin de la seconde Intifada, le conflit a en effet été repoussé à des zones marginalisées politiquement, faisant de Ramallah, Bethléem et Jéricho des espaces de vie relativement protégés, économiquement dynamiques et socio-culturellement ouverts, comprenant des bars et restaurants, des cinémas et salles de concert, des salles de sports mixtes, etc. (Chaveneau, 2016 ; Taraki, 2008).

Toutefois, ces acteurs occidentaux rencontrent un obstacle majeur : l’obtention d’un visa de travail ou de résidence. En effet, les TPO étant occupés et en partie annexés (Jérusalem-Est) et sous blocus (bande de Gaza), les autorités israéliennes contrôlent les frontières y permettant l’accès[9]. L’entrée et la résidence sur le territoire sont alors conditionnées à l’obtention d’un visa israélien. Par ailleurs, depuis le début des années 2000, la politique d’Israël vis-à-vis des étrangers dans les TPO s’est durcie : un dispositif de contrôle (interrogatoires, fouilles) et de profilage a été mis en place aux frontières (Chaveneau, 2015) et les conditions d’obtention des visas de travail et de long séjour contraignent un nombre important de travailleurs étrangers, notamment ceux sous contrat local. À moins d’être salariés d’une agence gouvernementale ou multilatérale, voire d’une ONG internationale, ces travailleurs usent de diverses stratégies pour obtenir ou renouveler leurs visas. 

2. Un départ vers les TPO dans la continuité de trajectoires internationalisées

2.1.     Socialisation familiale au voyage et expériences personnelles de la mobilité

La mobilité de ces jeunes travailleurs s’inscrit dans un contexte social et idéologique marqué par l’intensification des échanges mondiaux et la valorisation de la mobilité. Les sociétés post-modernes, intégrées à une économie capitaliste et libérale, font du libre-échange des biens et des capitaux une valeur centrale. Synonyme de dynamisme et d’entreprenariat, la mobilité internationale est valorisée socialement et économiquement, tout du moins lorsqu’elle est le fait de ressortissants de pays du « Nord » (Balibar, 1994 ; Bauman, 1998). Ces aspects se reflètent dans les encouragements à la mobilité étudiante en Europe[10]. Toutefois, si l’internationalisation des études est croissante, elle ne concerne pas l’ensemble des citoyens : ce sont les individus dotés de capitaux social, économique et culturel qui sont les plus mobiles dans leurs pratiques de loisirs et sur les plans éducatif et professionnel (Ballatore, 2006 ; Green, 2008 ; Réau, 2009). Plus encore, la mobilité internationale favorise l’affirmation sociale des individus issus des classes les plus élevées et l’ascension sociale et professionnelle de ceux qui appartiennent aux classes moyennes (Breen, 2012 ; Wagner, 2007, 1998).

Les données recueillies sur les parcours des enquêtés rencontrés corroborent ce constat : ces derniers sont issus en majorité de familles appartenant à des classes moyennes supérieures (leurs parents exercent des professions intermédiaires de l’enseignement, de la santé, du travail social) et aisées (leurs parents sont cadres et chefs d’entreprise ou ont des professions intellectuelles supérieures). Ils possèdent aussi un niveau d’étude élevé[11] et leurs récits de vie font état d’un rapport précoce et privilégié à la mobilité internationale, construit par de nombreux voyages à l’étranger durant l’enfance et l’adolescence. De plus, près du tiers des enquêtés a une histoire familiale marquée par les migrations : ils sont issus de couples binationaux, leurs parents ont vécu à l’étranger (la mère de Scott, écossaise, a, par exemple, vécu jusqu’à sa majorité en Tanzanie) ou ils ont migré, enfant, avec leurs parents. Une fois majeurs, ils ont entrepris leurs propres séjours à l’étranger, dans un but récréatif comme éducatif[12] car, ainsi que le rappelle Wagner, « l’habitude précoce des voyages et des séjours à l’étranger favorise indéniablement la mobilité ultérieure » (Wagner 1998 : 115).

Cécile et Nathan ont par exemple choisi d’intégrer des cursus universitaires en dehors de leurs pays d’origine. Après une licence à Sciences Po, Cécile a pris une année sabbatique pour participer à une mission humanitaire au Gabon et y faire un reportage photographique, puis elle a suivi un master en droit international des droits de l’Homme en Irlande. Nathan a aussi étudié les sciences politiques, aux États-Unis, avant de partir au Pays-Bas pour sa dernière année de Licence. Il a ensuite déménagé en Espagne qu’il a quittée au bout d’un an pour suivre un master en Angleterre. Les expériences de mobilité internationale peuvent aussi avoir eu lieu dans le cadre d’une année de césure, comme ce fut le cas de Scott : « J’ai enseigné l’anglais au Vietnam pendant cinq mois, puis j’ai été voir mon frère aux États-Unis, car il y étudiait et après j’ai passé plusieurs mois à Paris pour améliorer mon français ».

Les jeunes travailleurs rencontrés s’inscrivent donc dans des trajectoires tournées vers l’international avant de s’installer dans les TPO et possèdent de ce fait des savoir-faire et savoir-être migratoires. Cumulé à la possession d’un passeport qui permet une mobilité sans contrainte presque partout dans le monde, ce « capital international » leur permet de se projeter plus aisément dans une carrière professionnelle et une vie à l’étranger.

2.2.     En quête d’une expérience à l’étranger : les TPO comme opportunité

En raison de ces expériences de mobilité internationale, Cécile, Nathan et Scott possèdent, au moment de leur entrée dans la vie active, un champ des possibles relativement ouvert sur l’étranger. À l’image des autres enquêtés, ils souhaitent continuer à découvrir des situations politiques ou culturelles, tout en commençant à construire une carrière professionnelle. Certains tiennent également à acquérir une expérience valorisable par la suite : les TPO représentent une destination prisée dans le secteur de l’aide internationale du fait de la dangerosité et de la complexité de ce terrain d’intervention. Toutefois, pour certains enquêtés, la destination importe moins que la nature de la mission professionnelle. Enfin, le premier départ se construit généralement autour d’une initiative du travailleur qui sollicite une organisation locale ou internationale intervenant dans les TPO pour une brève mission, voire répond à une sollicitation issue de son propre réseau.

C’est le cas de Cécile, qui devait effectuer un stage à l’étranger dans le cadre d’un master réalisé en Irlande où elle avait étudié le conflit israélo-palestinien. Mise en contact avec une association dans les TPO par l’un de ses enseignants, et bien qu’elle souhaitait initialement partir dans un autre pays, elle a obtenu ce stage et a décidé de s’y rendre, curieuse de découvrir la situation locale. Cécile est arrivée à Ramallah en 2003 dans le contexte difficile de la seconde Intifada (2000-2005). Très vite, grâce à ses compétences en photographie, l’ONG lui a confié le lancement d’une campagne d’information sur les punitions collectives imposées aux Palestiniens. Pendant trois mois, Cécile a sillonné la Cisjordanie pour récolter témoignages et photographies avant de retourner en France. Nathan a réalisé un master spécialisé en résolution de conflit, en Angleterre durant lequel il a étudié le conflit israélo-palestinien. Lorsqu’un de ses camarades, qui avait travaillé à Ramallah dans une ONG locale, lui a proposé de venir visiter les TPO, il a accepté volontiers. Lors de ce voyage, Nathan a rencontré le directeur de cette ONG qui lui a offert un stage dans une autre organisation locale. Ainsi, il est arrivé à Ramallah à la fin de son master en 2007.

À la différence des deux premiers, Scott est arrivé dans les TPO sans connaissance ni intérêt pour le conflit israélo-palestinien ou la situation locale. Musicien, il travaillait depuis plusieurs années comme professeur de musique à Londres mais était las de son statut précaire et du mode de vie londonien. Lorsqu’un de ses collègues lui a proposé d’intégrer un groupe pour jouer et enseigner la musique durant l’été dans un camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, il a accepté très rapidement, moins pour la Palestine que pour voyager et développer un projet nouveau.

Dans ces trois parcours, le départ pour les TPO n’est pas initialement envisagé comme une migration, au sens d’un déplacement dans un autre pays au cours duquel l’individu recrée son espace de vie. Ces enquêtés partaient pour y vivre quelques mois. Cette perspective est partagée par d’autres, qui ont, par exemple, sous-loué leur logement dans leur ville de résidence, pour des raisons financières, mais aussi pour pouvoir le retrouver à leur retour. Nombre d’enquêtés cultivent ainsi une attitude de « présence temporaire », s’inscrivant dans une démarche de voyage où il faut voir et vivre intensément son expérience par des visites, des activités, des rencontres et une vie sociale importante. La plupart ne rentrent pas dans leur pays d’origine mais maintiennent des liens réguliers avec leurs cercles sociaux (emails, blogs, conversations Skype). Parallèlement, ces acteurs sont disponibles professionnellement (en période de transition entre études et vie active, ou sous contrats précaires) et personnellement (célibataires et sans responsabilités familiales), et peuvent donc facilement prendre la décision de prolonger leur séjour.

3.  Basculement statutaire et construction de la carrière migratoire de jeunes diplômés mobiles

Suite à un intérêt grandissant pour la situation politique locale, une prise de conscience de la cause palestinienne, ou encore un intérêt pour l’emploi occupé, nos enquêtés cherchent souvent un emploi qui leur permette financièrement et administrativement de prolonger leur séjour.

Ainsi, peu après son stage en tant que juriste dans une ONG palestinienne, Cécile a souhaité revenir en Cisjordanie : « J’avais l’impression de n’avoir fait qu’effleurer la surface de ce qui se passe ici, je voulais plus de temps pour mieux comprendre, et aussi la conviction de pouvoir être utile. C’était quelque chose de très instinctif, je voulais revenir pour aller plus loin, faire quelque chose d’intéressant» Elle y est repartie rapidement avec l’objectif de finaliser une exposition photographique sur le même sujet, motivée par l’impact de celle qu’elle avait réalisée sur le Gabon quelques années auparavant.

Lorsque son stage dans une ONG de Ramallah a pris fin, Nathan a entrepris un second master en relations internationales en Australie. Puis, pour approfondir sa connaissance du conflit israélo-palestinien, il est retourné en Cisjordanie, dont il appréciait également le cadre de vie et les relations amicales développées. Au vu de sa maîtrise de l’anglais et du langage des bailleurs de fonds, ainsi que de sa capacité de synthèse de la situation politique locale et bien que ne parlant pas l’arabe, Nathan a facilement trouvé des emplois en contrat local auprès d’ONG palestiniennes pour rédiger des demandes de subventions et divers rapports.

Enfin, après un été passé en Cisjordanie, Scott est revenu à Londres et a repris son emploi de professeur particulier de musique. Mais, très vite, il a réalisé qu’il aspirait à un changement de vie et a souhaité quitter durablement l’Angleterre. Il a alors postulé dans une école de musique palestinienne, basée à Ramallah, avec laquelle il avait été en contact lors de son précédent séjour : « J’aurais pu aller n’importe où, du moment que j’ai des contacts sur place. Je vivais à Londres et je gagnais difficilement ma vie et j’avais envie de changement. Pour moi, venir ici ou aller au Danemark, c’était pareil, je suis là pour faire de la musique. » À nouveau, la destination a peu compté dans sa décision : le départ de Scott est motivé par une envie d’évasion et les TPO représentent alors une solution opportune.

Ramallah, Jérusalem-Est ou Bethléem deviennent les villes où ces jeunes travailleurs résident, travaillent et construisent leurs vies sociales. On observe alors un basculement statutaire entre la figure du jeune diplômé mobile à la recherche d’une première expérience professionnelle à l’étranger et celle du migrant, ressortissant d’un pays et installé dans un autre durant plusieurs années.

3.1. Cécile, d’une prise de conscience politique à un engagement professionnel

Alors qu’elle exposait dans les TPO, Cécile a préparé une exposition personnelle qui a tourné pendant un an dans les centres sociaux et universités d’Europe, du Canada et du Brésil. Suite à ce travail, son envie de s’installer en Cisjordanie pour une plus longue période a été très forte, car elle s’y était sentie utile et en accord avec ses principes. Elle a donc contacté de nombreuses organisations spécialisées dans les droits de l’Homme et une faculté de droit palestinienne qui l’a recrutée en contrat local à durée indéterminée. Cécile a aussi commencé à se rendre régulièrement à des manifestations contre l’occupation israélienne et a réalisé un autre travail photographique. Elle a créé un blog bilingue (anglais et français) pour témoigner de ce qu’elle observait quotidiennement. Un an plus tard, alors qu’elle se destinait à une carrière de juriste spécialisée dans les droits de l’homme, elle a quitté son emploi à l’université et a entamé une carrière de photographe indépendante. Si ce choix paraît professionnellement risqué, son installation dans les TPO lui a permis de s’imposer très vite comme une photographe engagée rendant compte du quotidien palestinien. Elle a participé à l’émergence d’un collectif local de photographes israéliens, palestiniens et étrangers, ce qui a renforcé son envie de poursuivre sa carrière dans les TPO. Depuis, Cécile développe des projets photographiques et documentaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, travaille avec des ONG internationales et publie ses photographies dans de grands médias internationaux (New York Times, Al-Jazeera, Haaretz, etc.).

La carrière migratoire de Cécile s’est aussi construite en fonction des contraintes de visas pour lesquelles elle usait de stratégies de contournement. Si celles-ci lui ont permis de résider près de dix ans dans les TPO (avec de nombreux allers et retours en Europe), Cécile a toujours maintenu des projets professionnels dans d’autres pays afin de pouvoir faire face à un refus de visa. Selon elle, la mise en place de ces « plans B », même théoriques, lui a permis de gérer le stress et la précarité liés à son statut de « touriste » perpétuelle. En 2013, pour des raisons personnelles et fatiguée par l’instabilité de ses mobilités, elle est rentrée en Europe et s’est installée en Belgique. Elle continue toutefois de faire des voyages fréquents dans les TPO en tant que photographe.

Le parcours de Cécile est représentatif d’autres trajectoires de migrants « indépendants ». Arrivés suite à une opportunité professionnelle, ils se sont découvert un attachement politique fort à la cause palestinienne qui les a amenés à prolonger leur séjour ou à revenir dans les TPO. Dans la perspective d’une présence engagée, plusieurs enquêtés ont aussi modifié leur projet professionnel. Les médias sont l’une des sphères professionnelles de reconversion les plus fréquentes. En effet, le conflit israélo-palestinien étant particulièrement présent dans les médias du monde entier, le journalisme, la photographie et la réalisation de documentaires deviennent des projets plus accessibles et plus stables financièrement.

3.2.     Nathan, les ambiguïtés d’une carrière liée à l’aide internationale

À son retour dans les TPO, Nathan a réalisé plusieurs stages dans des organisations internationales et, durant presque trois ans, a travaillé comme consultant indépendant (avec des visas de tourisme) pour de nombreuses ONG locales et internationales basées à Ramallah ou à Jérusalem. Mais il a fini par se lasser de ce type d’emploi pourtant très rémunérateur, frustré par sa participation à la relation inégale entre bailleurs de fonds internationaux et acteurs locaux : « Je suis ici depuis tellement longtemps que je peux écrire ce type de rapports très rapidement. Mais, j’étais juste celui qui faisait ce que les ONG doivent faire pour les bailleurs, cela ne fait de mal à personne, mais je n’avais pas l’impression de faire beaucoup de bien non plus. Tu es comme un vautour du développement ! » Aussi, parallèlement à ses activités professionnelles, il a réalisé des projets plus personnels, artistiques et engagés (un livre, des illustrations, des posters politiques) qu’il a publiés aux États-Unis et dans les TPO. Installé dans un quotidien qu’il appréciait, Nathan souhaitait rester malgré son insatisfaction professionnelle. Il est finalement devenu enseignant dans un lycée privé local où les cours étaient dispensés en anglais. Au-delà de l’intérêt pour sa mission éducative, cet emploi lui a permis d’obtenir un visa de travail d’un an qui a stabilisé sa présence dans les TPO. Alors que je l’interrogeais sur ses perspectives d’avenir, Nathan m’a dit envisager d’acheter un appartement près de Ramallah avec un ami palestinien. Pourtant, quelques mois après, il a quitté son travail puis est parti s’installer en Europe en raison d’un impératif familial. Il y a fondé une start-up de consultance dans le développement bâtie sur son expertise de la situation palestinienne et occupe parallèlement un poste d’enseignant dans un lycée anglophone.

Nombre d’enquêtés, à l’instar de Nathan, se sont rendus dans les TPO par intérêt intellectuel et professionnel pour le conflit israélo-palestinien. Son itinéraire est révélateur de la manière dont se complètent des caractéristiques individuelles (une motivation personnelle), un contexte économique et politique local favorable (des opportunités d’emplois pour des Occidentaux anglophones) et l’importance d’un réseau social (professionnel et amical). Ce parcours révèle un autre aspect : l’enseignement constitue dans les TPO une seconde sphère de reconversion prisée, par défaut, lorsque les acteurs ne peuvent (ou ne veulent plus) exercer leurs professions initiales, faute d’emploi disponible ou de maîtrise de la langue locale.

3.3.     Scott, un parcours entre désir d’ailleurs et intérêt artistique

Même s’il souhaitait quitter la Grande-Bretagne, le départ de Scott peut difficilement être considéré comme un projet migratoire. Il ne connaissait pas la durée de son séjour qu’il envisageait au jour le jour. L’ONG pour laquelle il travaillait n’était pas en mesure de lui fournir un visa de travail israélien et, en conséquence, elle ne signait que des contrats de trois mois (le temps d’un visa de tourisme) avec ses employés étrangers. Cette temporalité a donc rythmé l’installation de Scott qui, chaque trimestre, reconsidérait son choix de rester ou de quitter les TPO. Au bout d’un an, il a rencontré une jeune femme européenne résidant aussi à Ramallah. Puis, un an plus tard, alors qu’elle est repartie continuer ses études en Europe, il a décidé de la rejoindre. Scott me confiait alors que le pays où il résiderait aurait peu d’importance car il se sentait capable de s’adapter aisément à de nouveaux environnements. Un an plus tard, je l’ai pourtant croisé à Ramallah où il était revenu s’installer seul, sa relation amoureuse étant terminée. Il n’a pas voulu se réinstaller en Grande-Bretagne, préférant reprendre son ancien emploi dans les TPO. Si Scott se présente comme un individu très mobile, il ne souhaite pas s’installer dans un pays où il ne possède aucun réseau professionnel et amical. À ce titre, Ramallah représente une destination familière et rassurante, malgré le caractère précaire de son statut administratif.

Le parcours de Scott permet de reconstruire une carrière migratoire composée de plusieurs espaces (pays d’origine, pays de destination A, pays de destination B, etc.) et de différentes temporalités de mobilité. Un départ, initialement pensé comme définitif, peut finalement se révéler provisoire. Scott n’est pas le seul enquêté à être revenu profiter d’une opportunité professionnelle suite à un changement de situation personnelle, voire dans certains cas au chômage rencontré dans le pays d’origine. Une fin de contrat de travail, un visa arrivant à expiration, une rencontre ou une séparation, sont des moments de tâtonnements et de remise en cause du choix migratoire. La question de la conjugalité apparaît particulièrement importante dans le cadre d’une population migrante jeune. 30 % des enquêtés interrogés ont en effet rencontré leur conjoint actuel dans les TPO et, qu’il soit Palestinien ou étranger, cela a eu un effet déterminant sur leurs carrières migratoires.

Conclusion

Les parcours de Cécile, Nathan et Scott sont particulièrement significatifs des différentes étapes des carrières des jeunes migrants européens et nord-américains dans les TPO. Celles-ci ont été analysées à travers les conditions de départ de ces acteurs – inscrits dans des trajectoires biographiques internationalisées où la mobilité est constitutive de leurs parcours éducatifs et professionnels –, le contexte qui les a amenés dans les TPO – l’opportunité d’un stage ou d’un emploi de courte durée – et la manière dont ces jeunes diplômés occidentaux s’installent progressivement et durablement. Leur installation se construit au gré des opportunités, des choix et des contraintes rencontrées, favorisant un basculement statutaire : le pays de destination de leur mobilité devient peu à peu un pays d’installation et de reconstruction du centre de vie. Chaque étape et expérience les amène à poursuivre leur séjour ou à partir vers une autre destination, sans exclure un retour dans les TPO. Toutefois, leur présence ne peut y être indéfinie (sauf pour les conjoints de Palestiniens) en raison de la situation politique et ils y résident rarement plus de six ou sept ans. La question des visas israéliens mériterait un développement plus ample quant à son impact sur les carrières migratoires, car elle influe sur les parcours des individus. Or la précarité de leur statut est un obstacle certain à leur investissement local (l’apprentissage de la langue arabe, par exemple).

De manière plus générale, l’étude des carrières migratoires de jeunes Européens et Nord-Américains vers les TPO permet de mettre en évidence l’existence de parcours non-linéaires qui participent à diversifier la connaissance des migrations du « Nord » vers le « Sud », au-delà des figures classiques des « détachés » ou des « expatriés ». Ainsi, cela offre un exemple concret de la nécessité d’adopter une approche dynamique, interactionniste et processuelle dans l’analyse des migrations, y compris lorsqu’elles concernent des acteurs issus de milieux sociaux et de pays privilégiés.

Bibliographie

ATLANI-DUAULT L., DOZON J.-P. (2011), « Colonisation, développement, aide humanitaire. Pour une anthropologie de l’aide internationale », Ethnologie française, vol. 41, n° 3, p. 393-403.

BALIBAR E. (1994), « Qu’est-ce qu’une “frontière”? », in M. CALOZ-TSCHOPP, A. CLEVENOT (dir.), Asile, violence, exclusion en Europe : histoire, analyse, prospective, Genève, Université de Genève et Groupe de Genève (« Cahiers de la Section des Sciences de l’Éducation »), p. 335-343.

BALLATORE M. (2006), « Le programme Erasmus en France, en Italie et en Angleterre : sélection des étudiants et compétences migratoires », Cahiers de la recherche sur l’éducation et les savoirs, n° 3, p. 215-239.

BAUMAN Z. (1998), Globalization. The Human Consequences, Londres, Polity Press and Blackwell Publishers Ltd.

BECKER H.S. (1985), Outsiders: études de sociologie de la déviance, Paris, Éditions Métailié.

BENSON M., O’REILLY K. (dir.) (2009), Lifestyle Migration: Expectations, Aspirations and Experiences, Farnham, Ashgate Publishing, Ltd. (« Studies in Migration and Diaspora »).

BOUSTA S. (2007), « From tourism to new forms of migration: Europeans in Marrakesh », in C. GEOFFROY, R. SIBLEY, (dir.), Going Abroad: Travel, Tourism, and Migration. Cross-Cultural Perspectives on Mobility, Newcastle, Cambridge Scholars Publishing, p. 158-166.

BREEN M. (2012), « Privileged migration: American undergraduates, study abroad, academic tourism », Critical Arts: A South-North Journal of Cultural and Media Studies, vol. 26, n° 1, p. 82-102.

CHAVENEAU C. (2016), Les “internationaux” dans les Territoires Palestiniens Occupés : trajectoires, expériences migratoires et engagements sociopolitiques, Thèse de doctorat, Paris, Université Paris Descartes - Sorbonne.

CHAVENEAU C. (2015), «“It all depends on Ben Gourion!”. Contrôles des mobilités étrangères vers les Territoires Palestiniens Occupés à l’aéroport de Tel Aviv-Jaffa ». L’Espace Politique. Revue en ligne de géographie politique et de géopolitique, vol. 3, n° 27. En ligne, consulté le 16 novembre 2014. URL : http://espacepolitique.revues.org/3601

CROUCHER S. (2012), « Privileged Mobility in an Age of Globality », Societies, vol. 2, n° 1, p. 1-13.

FECHTER A.-M., WALSH K. (2010), « Examining ‘expatriate’ continuities: Postcolonial approaches to mobile professionals », Journal of Ethnic and Migration Studies, septembre, vol. 36, no 8, p. 1197-1210.

GREEN N.L. (2008), « La migration des élites. Nouveau concept, anciennes pratiques ? », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques, n° 42, p. 107-116.

KEATING M., LE MORE A., LOWE R. (dir.) (2005), Aid, Diplomacy and Facts on the Ground: The Case of Palestine, London, Chatham House.

KORPELA M. (2010), « A Postcolonial Imagination? Westerners Searching for Authenticity in India », Journal of Ethnic and Migration Studies, vol. 36, n° 8, p. 1299-1315.

MARTINIELLO M., REA A., TRIEST F. (2010), « La problématique théorique: le concept de “carrière migratoire,” » in Nouvelles migrations et nouveaux migrants en Belgique =: Nieuwe migraties en nieuwe migranten in België, Gent, Academia Press (« Société et avenir = Samenleving en toekomst »), p. 9-41.

OECD, UNDESA (2013), World Migration in Figures, A joint contribution to the United Nations High-Level Dialogue on Migration and Development, Nations-Unies and OCDE. En ligne, consulté le 16 novembre 2014. URL : http://www.oecd.org/els/mig/World-Migration-in-Figures.pdf

RÉAU B. (2009), « Voyages et jeunesse favorisée”: Usages éducatifs de la mobilité », Agora débats/jeunesses, vol. 53, n° 3, p. 73-84.

SALAZAR N.B. (2014), « Migrating Imaginaries of A Better Life... Until Paradise Finds You », in M. Benson, N. OSBALDISTON (dir.), Understanding Lifestyle Migration: Theoretical Approaches to Migration and the Quest for a Better Way of Life, London, Palgrave Macmillan, p. 119-138.

TARAKI L. (2008), « Enclave Micropolis: The Paradoxical Case of Ramallah/al-Bireh », Journal of Palestine Studies, vol. 37, n° 4, p. 6-17.

UNION EUROPÉENNE (2013), « Le programme Erasmus en 2011-2012 : explication des chiffres ». En ligne, consulté le 3 novembre 2014. URL : http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-13-647_fr.html

WAGNER A-C. (2007), Les classes sociales dans la mondialisation, Paris, La Découverte.

WAGNER A-C. (1998), Les nouvelles élites de la mondialisation : Une immigration dorée en France, Paris, Presses universitaires de France.

WIHTOL DE WENDEN C. (2013), La question migratoire au XXIe siècle. Migrants, réfugiés et relations internationales, 2e édition, Paris, Presses de Sciences Po (« Références »).

[1] Université Paris Sorbonne Abu Dhabi – Institut français du Proche-Orient, antenne Territoires palestiniens.

[2] Moins descriptifs qu’analytiques, les termes « Nord » et « Sud » renvoient ici à une forme de division du monde fondée sur des critères politiques et économiques. Cette ligne abstraite Nord/Sud reflète un rapport historique entre pays dominants et pays dominés, souvent entre anciens empires coloniaux et colonies ou protectorats (la Palestine a été sous mandat britannique suite à la dissolution de l’Empire Ottoman à partir de 1922, ce qui favorisa entre autres l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine). Malgré l’évolution de leurs rapports, ces pays connaissent toujours des différentiels significatifs de pouvoir et de ressources (économiques, militaires, etc.)

[3] À titre d’exemple, sur les deux millions de Français résidant à l’étranger, environ 600 000 vivent dans un pays africain, sud-américain ou asiatique (hors Japon et Corée du Sud, mais Moyen-Orient et pays du Golfe inclus) (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/vivre-a-l-etranger/la-presence-francaise-a-l-etranger-4182/, consulté le 12 novembre 2014).

[4] Il est impossible d’avancer un chiffre précis concernant le nombre d’étrangers résidant dans les TPO compte tenu de l’absence de souveraineté de l’Autorité Palestinienne sur l’immigration et l’état civil. Les estimations délivrées par certains consulats, combinées à mes enquêtes ont permis d’établir que plusieurs centaines, voire un millier, de ressortissants européens et nord-américains résident en Cisjordanie (Jérusalem-Est compris) et dans la bande de Gaza.

[5] La moyenne d’âge des enquêtés est de 28 ans lors de leur installation dans les TPO. 25 % d’entre eux sont arrivés entre 20 et 25 ans, un peu moins de 50 % entre 26 et 30 ans, et 20 % entre 30 et 35 ans. Seuls quatre enquêtés avaient plus de 36 ans à leur arrivée.

[6] Ces deux statuts désignent un contexte professionnel et fiscal spécifique pour des filiales d’entreprises ou institutions ayant leur siège dans le pays de départ.

[7] Le niveau individuel renvoie aux facteurs propres à chaque individu, tels que leur désir de voyager, d’apprendre une langue, de découvrir un nouveau cadre de vie. Le niveau collectif permet d’intégrer les dispositions sociales ou de classe et les motivations fournies par un groupe social donné. Enfin, le niveau macrosociologique conçoit les migrations comme un phénomène sociétal global forgé par les contextes économiques, sociaux et politiques des pays/régions de départ et de destination.

[8] La Déclaration de principes, signée à Washington le 13 septembre 1993, a posé les bases d’un régime d’autonomie palestinienne pour une période intérimaire au terme de laquelle devait être trouvé un règlement définitif du conflit. Deux autres accords ont suivi, en 1994 et 1995, mais les différentes négociations entre l’OLP et Israël n’ont pas abouti à une résolution du conflit. Le sommet de Camp David en juillet 2000 fut la dernière tentative diplomatique, son échec sera suivi de l’éclatement de la Seconde Intifada.

[9] Le poste-frontière de Rafah, entre l’Égypte et la bande de Gaza, est officiellement sous contrôle des autorités palestiniennes et égyptiennes depuis 2005. Toutefois, en raison d’accords entre l’Égypte et Israël et de la difficulté des relations entre les gouvernements égyptiens et le Hamas, il est rarement ouvert depuis 2006.

[10] Plus de 10 % des étudiants européens passent une partie ou la totalité de leurs études à l’étranger grâce au soutien du programme Erasmus ou d’autres sources publiques ou privées de financement (Union européenne, 2013).

[11] 20 % des 40 enquêtés détiennent une licence, 65 % un master et 15 % sont actuellement inscrits en doctorat ou sont titulaires d’un doctorat.

[12] Parmi les quarante enquêtés, près de sept sur dix ont habité plus de six mois dans un pays étranger en Europe ou en dehors, avant leur départ dans les TPO, et 40 % ont effectué au moins un an d’étude au sein d’une université étrangère (européenne majoritairement). Parmi les 30 % d’individus pour lesquels les TPO représentent – a posteriori – une première installation longue (plus d’un an) à l’étranger, la plupart ont effectué des voyages fréquents ou des séjours de quelques mois, notamment en Afrique du nord ou au Moyen-Orient (programme d’échanges universitaires, stages professionnels, séjours linguistiques).

version papier

version PDF

Émulations n°17 
Entre migrations et mobilités. Itinéraires contemporains

sociologie de la migration image

Fonds Wernaers du FNRS
Volume édité avec le soutien du Fonds Wernaers du FNRS.