La société à l’épreuve des séries TV. Quels défis et ressources dans les fictions sérielles ?

publié le 3 sept. 2014 à 07:05 par Grégoire Lits   [ mis à jour le·5 sept. 2014 à 01:44 par Émulations Revue ]
Par Antoine Delporte & Lionel Francou
Note de recherche

Étudiants de Master 2
Université catholique de Louvain
Mis en ligne le 2 septembre 2014

Formats disponibles : HTML | PDF.

Résumé/Abstract

Aujourd’hui, les séries TV occupent une place importante dans les loisirs et les imaginaires. Des mutations récentes, tant de forme que de fond, ont permis aux séries américaines, autrefois dénigrées, de gagner en légitimité et de toucher un plus large public. Cet article se propose de les utiliser comme un dispositif d’enquête dans le cadre de la sociologie de l’épreuve de D. Martuccelli. Face aux défis de la société contemporaine, les individus iraient puiser, dans la fiction sérielle, des normes et modèles de référence dont ils peuvent ensuite se servir comme support. Dans ce court article, nous souhaitons partager une série de pistes de réflexion en vue d’une meilleure compréhension de la réalité sociale en nous basant sur l’identification des épreuves structurelles mises en scène dans la fiction télévisuelle et mobilisées par les individus.

Mots clés : épreuve – séries TV – support – représentations

Today, TV series take up a large amount of our time and imagination. Recent mutations of core and form allowed American shows - that were so denigrated before - to gain some legitimacy and to reach a wider public. This article proposes to use them as an investigation system in the framework of the Martuccelli’s hardship (“épreuve”) sociology. Confronted with the contemporary society, the individual draws in the serial fiction the norms and the references he uses as support. In this short article, we wish to share some food for thought in order to better understand the social reality. We will base these ideas on the identification, in serial fictions, of some staged structural hardships and their mobilization by the individuals.

Keywords: hardship – TV-Series – support – representations

 

Nous allons, dans cet article, ouvrir des pistes de réflexion visant à démontrer l’utilité des fictions télévisuelles en tant que moyen d’enquête sociologique permettant de mieux appréhender les phénomènes sociaux[1]. Cette approche prend tout son sens dans le contexte français où un public large et familial regarde avec assiduité les séries TV américaines. Le fil que nous allons suivre tout au long de cet article renvoie à l’idée que les séries TV pourraient servir de « réservoir de références » (Maigret, Soulez, 2007) aux individus dans leur appréhension des situations vécues. Elles pourraient dès lors leur permettre de se positionner par rapport aux épreuves structurantes de leur existence (Martuccelli, 2010). Nous allons mettre en avant l’intérêt du concept d’épreuve dans une démarche visant à mieux saisir la réalité sociale, à travers les représentations qu’en donnent les séries TV. Par la suite, cette proposition d’analyse gagnerait à être opérationnalisée à travers une étude de la réception et du contenu d’une série. Cependant, la nature de cet article ne s’y prête pas puisque c’est le lieu d’un premier balisage théorique sur cette question. Le temps passé par l’individu moyen devant la télévision[2] peut le rendre perméable aux représentations qu’elle diffuse (Belletante, 2011) et influencer « la vie collective et les formes ordinaires de l’interaction sociale » (Meyer, 2012 : 11). Les séries TV, qui mettent en scène « l’imaginaire historique d’une époque » (Buxton, 2010), ont conquis leurs lettres de noblesse et passionnent désormais une part importante de la population (Glevarec, 2012). Ce changement de statut de la série TV et de sa perception par le plus grand nombre favorise l’appropriation des discours et images qu’elle véhicule. Ces contenus ne sont pas neutres, ils transmettent une « image-monde » (Soulages, 2007), des représentations situées qui influencent nos perceptions[3] et « entrent profondément en résonance avec les attentes et les interrogations » du public (Wolff, 2007 : 62).

Depuis une vingtaine d’années, le récit sériel a connu de profondes mutations notamment caractérisées par la place croissante accordée à la mise en scène d’une certaine « authenticité » (Sepulchre, 2007). Ainsi, ce récit est désormais construit autour d’un héros collectif, d’une multitude de personnages aux dimensions humaines, imparfaits, tâtonnants, jonglant entre problèmes intimes et relationnels ; ce qui permet à tout un chacun de s’y retrouver (Jost, 2011). Néanmoins, la série TV reste une « marchandise culturelle » (Buxton, 2010) structurée autour d’une course à l’audience qui influence le rythme du récit, le format, les thèmes, etc. Le succès mondial des séries TV américaines s’explique en partie par la pluralité d’interprétations possibles de thèmes universels, en fonction des contextes socioculturels de réception (Wolff, 2007 ; Miller, 2010)[4]. Elles renvoient au vécu de leurs spectateurs, notamment en établissant un lien avec leur quotidien (Maigret, Soulez, 2007). Les séries télévisées font l’objet de pratiques de visionnage fragmentées rendues possibles par la multiplication des offres technologiques[5]. L’individu peut désormais aménager ses pratiques selon le contexte, ses humeurs, ses envies, ses disponibilités, et choisir de regarder des séries aussi bien seul qu’en couple, avec des amis, en famille, etc. (Glevarec, 2012). On est loin dès lors de l’époque, encore assez récente, où le programme et l’horaire fixés par les chaînes de télévision influençaient la forme prise par les soirées familiales.

Cet engouement pour les séries TV et l’attachement à cette forme narrative s’explique aussi par sa division en épisodes (Vérat, 2007) ponctués de « petites fins, provisoires, qui clôturent des fragments de vie » tout en postposant, parfois à jamais, la conclusion finale (Mottet, 2007). Chaque série crée ainsi un univers permanent, caractérisé par « le retour du même » (Sepulchre, 2007), des intrigues et personnages qui nous accompagnent sur le long terme. Cela permet aux spectateurs de s’y immerger et d’observer une certaine ressemblance entre la réalité sociale vécue et celle ainsi figurée (Esquenazi, 2009). La narration est structurée par une temporalité nouvelle qui marque les représentations des individus en les imprégnant d’un modèle d’existence articulé autour d’une succession de difficultés. Cette tendance est renforcée par la mise en scène des pensées intimes des personnages à travers des « voix over » qui permettraient de faire « le pont entre la singularité d’un personnage et la diversité des téléspectateurs » (Jost, 2011 : 38). Si certaines voix donnent des clés d’accès à leur intimité, d’autres connectent entre eux les personnages et les intrigues multiples qui s’enchevêtrent au sein de ce monde fictif. Ces « voix narratrices à portée généralisante » rendraient dès lors possible une prise de recul, ce qui réunifierait un récit fragmenté (Pourtier-Tillinac, 2011). Cette importance accordée à une montée en généralité peut être liée à un besoin partagé par les individus de pouvoir se rapporter à une expérience commune lorsqu’ils affrontent les affres de la singularité.

1.        Une nouvelle narrativité marquée par l’épreuve

Notre proposition visant à permettre une meilleure compréhension de la société au travers de l’étude des séries télévisées s’appuie sur les travaux de D. Martuccelli (2006) et, plus précisément, sur sa conception bidimensionnelle de l’épreuve. Ce concept offre une voie d’accès transversale à la réalité sociale puisqu’il permet d’approcher à la fois la dynamique structurelle qui anime une société donnée (en France, par exemple, l’enjeu de l’école) et les parcours individuels. Si chaque société est structurée par des épreuves qui lui sont propres, tout individu doit faire face, dans son quotidien, à une succession de défis qu’il lui faut relever ou, à tout le moins, par rapport auxquels il doit se positionner. Ainsi, les individus cheminent tout au long de leur vie en appréhendant ces épreuves de différentes natures qui constituent autant d’étapes où les succès alternent avec les échecs. Ces épreuves ne font sens pour les individus que dans le rapport singulier qu’ils y entretiennent, qu’ils arrivent à les dépasser ou non. Il ne faut pas considérer l’épreuve comme un « conditionnement » mais bien comme une potentialité d’action, à moins que ce ne soit de réaction, face à un défi à relever. Ainsi, « les épreuves sont donc des défis historiques, socialement produits, inégalement distribués, que les individus sont contraints d’affronter » (Martuccelli, Lits, 2009 : 4). Autrement dit, dans une démarche plus axée sur l’opérationnalisation, quatre caractéristiques majeures de l’épreuve peuvent être mises en évidence. C’est ce qu’explique D. Martuccelli en ces mots :

"D’abord, elles sont inséparables d’un récit particulier – celui de la mise à l’épreuve justement – qui est susceptible d’accorder un espace important, et inédit, à l’individu dans la tradition sociologique. Ensuite, toute épreuve apparaît comme un examen, un test (souvent non formalisé) adressé à chacun d’entre nous et au travers duquel s’effectue une sélection sociale. En troisième lieu, le propre de chaque épreuve est de défier notre résistance et nos capacités à nous en acquitter – elle engage ainsi une conception particulière de l’acteur. Enfin, les épreuves désignent de grands enjeux sociaux auxquels sont soumis de manière contrainte les individus – et qui sont donc variables en fonction des sociétés et des périodes historiques." (Martuccelli, Lits, 2009 : 4)

Notons que l'épreuve peut également être considérée comme une notion narrative, racontant une histoire, dont le schéma directeur a évolué au fil du temps conjointement aux mutations sociales. Ainsi, le type de narrativité a évolué : le schéma classique n’est plus d’actualité dans les sociétés contemporaines, il ne permet pas de traiter l’enjeu de l’épreuve. Auparavant, ce schéma débutait par une phase cruciale de formation conduisant à un affrontement qui débouchait, nécessairement, sur un dénouement, élément-charnière de l’histoire[6]. Désormais, l’épreuve se situe au niveau de la formation en elle-même. La scène finale, le dénouement, n’arrivant jamais, le moment d’affrontement où se cantonnait l’épreuve n’existe plus. Les défis qui parsèment nos existences individuelles ne sont plus marqués par un caractère exceptionnel mais, au contraire, se déroulent dans les situations les plus banales : rares sont ceux qui ont échappé simultanément à tous ces défis ordinaires que sont l’école, le travail, la famille, etc. De plus, il s’agit à chaque fois de redécouvrir comment dépasser l’épreuve, comment remporter le défi ; ainsi que de réapprendre à y faire face.

Finalement, comme le dit D. Martuccelli (2012), l’épreuve « c'est des coups d'épée permanents dans l'eau ». Cette conception de l’épreuve implique une figure de l’acteur sensible, contraint et vulnérable, voire anxieux. Les séries TV font écho à cette configuration de la société en présentant aux individus une histoire jalonnée par une succession d’obstacles et de défis relevés par les personnages (Belletante, 2011). Cette trame narrative influence les perceptions et est renforcée par le découpage des séries en épisodes caractérisés par une « absence de téléologie » (Glevarec, 2012 : 88). À cela s’ajoute le fait que le processus de fabrication du récit, du scénario, de ces séries, est caractérisé par sa division ; celui-ci étant écrit de semaine en semaine, dès l’instant où le pilote est accepté, jusqu’à l’arrêt, parfois brutal, de la série, pouvant laisser celle-ci inachevée. Tout ceci tendrait à induire, dans les représentations, l’idée que l’existence individuelle et sociale est façonnée par une succession de défis et d’obstacles.

2.        La série TV, support pour l’existence ?

Ces défis nécessitent que l’individu contemporain se rapporte au monde en l’expérimentant tant par lui-même qu’au travers de nombreux médias. Par exemple, d’après M. Meyer (2012), la majorité des individus n’a que rarement eu affaire à des policiers et se les représente donc à partir des médias. Les effets des messages médiatiques peuvent être accrus par l’identification, ce processus qui consiste à idéaliser un personnage et à le prendre pour modèle ; mais nous souhaitons dépasser cette perspective psychologisante. En effet, les séries télévisées peuvent jouer un rôle de « réservoir de références », dans lequel les individus sont libres d’aller piocher des informations pouvant leur indiquer comment se comporter, réagir, interagir, etc. (Jost, 2011), allant même, dans certains cas, jusqu’à susciter un processus de socialisation. Pour s’assurer de la fidélité du téléspectateur, les rebondissements se succèdent, ce qui conduit les personnages à « vivre en accéléré » les défis rencontrés ordinairement par les individus. Ces derniers y trouvent un stock de réactions mobilisables pour répondre à un défi donné. Ces ensembles de réponses potentielles finissent par former différents « modèles de comportements » susceptibles d’influencer, consciemment ou non, les pratiques des individus (Belletante, 2011). Selon E. Belin (1997), les séries offrent également un accès simplifié aux normes qui y sont clarifiées et exposées de telle sorte qu’elles apportent aux individus des compétences mobilisables dans leur vie. Les séries télévisées fournissent ainsi une large gamme de modèles utilisables dans les relations sociales et permettant de donner du sens à son existence : les individus y étant plus ou moins sensibles selon l’assiduité de leur exposition, l’intérêt porté à l’histoire, le contexte d’écoute, etc.

Face aux difficultés qui parsèment l’existence de l’individu et aux angoisses qui agitent son quotidien, les séries TV pourraient jouer un rôle similaire à celui rempli par le conte chez les enfants (Martuccelli, 2012). Celui-ci, lorsqu’il aborde des thèmes transversaux, tels que la séparation, se pose en intermédiaire auprès des enfants qui, à travers lui, possèdent désormais une entrée leur permettant d’appréhender plus aisément ces épreuves. À défaut de mettre ces thèmes explicitement en scène, la série TV, comme le conte, les évoque et y renvoie. En ce sens, elle constitue un « support narratif qui agit comme un filtre, collectivement partagé, par lequel il est possible de représenter ces angoisses [existentielles] » (Julier-Costes, 2011 : 161). C’est, par exemple, le cas des telenovelas caractérisées par leur ouverture culturelle et sociale qui a facilité leur large exportation si bien qu’elles servent désormais de « support identitaire », y compris auprès de catégories de populations qui n’étaient pas ciblées par les producteurs (Maigret, Soulez, 2007). Selon D. Martuccelli (2010), l’individu ne saurait se tenir face au monde, affronter le quotidien et ses angoisses, s’il ne pouvait s’appuyer sur de tels supports. Les séries TV en sont une des formes étant donné qu’elles exercent une action indirecte de soutien existentiel sur les individus lorsqu’ils y perçoivent des éléments de réponse à leurs questionnements et doutes. En effet, il ne faut pas perdre de vue que chaque téléspectateur est susceptible de se prendre au jeu à des degrés divers ou a contrario de résister aux messages médiatiques qui lui sont adressés. Il n’existe donc pas une figure unique du téléspectateur interprétant la fiction de façon univoque[7].

3.        Et après ? Pistes pour une opérationnalisation

En guise de conclusion, temporaire, il est intéressant de réfléchir aux modalités d’opérationnalisation de notre proposition d’étude des épreuves rencontrées par les personnages des séries TV et de leur influence auprès des spectateurs appartenant à une communauté de valeurs donnée. La série TV, comme le roman (Barrère, Martuccelli, 2009)[8], peut servir de laboratoire pour approcher autrement la réalité sociale et ses représentations, sans pour autant considérer que la fiction serait le reflet de la réalité sociale. On pourrait la considérer comme une sorte de boîte à outils dans laquelle les individus vont piocher en fonction de leurs besoins. Celle-ci nous donnerait également un accès privilégié pour saisir leurs représentations et les mécanismes d’action qui leur sont propres, ainsi que l’influence exercée sur eux par la fiction. Cependant, avant d’évaluer l’impact d’une série TV sur ses spectateurs, il est nécessaire de vérifier que celle-ci met bien en scène des épreuves. Pour ce faire, il faudra chercher à identifier, pour une série donnée, l’ensemble des épreuves structurelles communes que les personnages sont amenés à affronter dans leur singularité, ainsi que leurs perceptions et actions qui en résultent. Il faudra ainsi porter une attention particulière à certaines épreuves qui ont une visibilité importante dans un grand nombre de séries télévisées. On pense entre autres aux questionnements et aux difficultés relationnelles (amour, amitié, famille, etc.), matérielles (emploi, logement, endettement, etc.), existentielles (sens de la vie, maladie, mort, etc.). Chaque personnage est touché par plusieurs épreuves et réagit de façon singulière selon son caractère. Ce phénomène commun à la trame narrative des séries télévisées se trouve de façon encore plus prononcée dans les séries qui nous introduisent à une multitude de personnages.

Mais il reste à vérifier ces intuitions, ce qui nécessite de baliser l’opérationnalisation d’une telle sociologie de l’épreuve. On pourrait subdiviser celle-ci en deux grandes étapes. Tout d’abord, une analyse de contenu détaillée de chaque épisode visant à identifier les épreuves structurelles communes que tous les personnages doivent affronter dans leur singularité. Puis, une analyse du phénomène de réception dont les contours restent à définir mais qui interrogerait l’impact d’une série télévisée donnée sur les représentations des spectateurs : opinion sur la série, sur sa vraisemblance, sur les problèmes rencontrés par les personnages, sur le parallèle qu’ils peuvent faire entre leurs situations et celles mises en scène dans la série, la façon dont ils mobilisent ou non des éléments de la trame narrative pour répondre à leurs propres épreuves, etc. Au vu de l’audience croissante des séries télévisées et des comportements addictifs (Glevarec, 2012) qui s’y attachent, elles constituent, selon nous, un objet de recherche qui donnerait un accès privilégié aux représentations des individus et aux normes de comportement auxquelles ils adhèrent, mais également à la trame à partir de laquelle ils justifient leurs actions et se représentent la réalité sociale, les relations interpersonnelles et le sens de leur propre existence.

Bibliographie

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[1] Pour aller plus loin, voir Sepulchre (2011) qui offre des clés pour une compréhension générale des séries télévisées.

[2] 85 % des européens regardent (presque) tous les jours la télévision (TNS opinion et social, 2011).

[3] Voir notamment le travail de Sepulchre (2007) où elle explique que les reconstitutions du passé influencent notre perception de l’histoire.

[4] Comme le montre H. Glevarec (2012 : 69), l’étude des séries TV américaines possède une forte pertinence car les Français « partagent avec les Américains un certain espace du contexte socioculturel des États-Unis et du monde ». Leur analyse permet donc d’appréhender un certain nombre de thématiques et de représentations abordées.

[5] On pense au PPV (Pay-Per-View) et à la VOD (Video on Demand) qui modifient l’offre télévisuelle, ainsi qu’au streaming et aux téléchargements (légaux ou non) sur Internet.

[6] Dont l’exemple emblématique est celui du dragon que le héros se doit de défaire pour sauver la princesse et rétablir l’ordre.

[7] Ainsi, dans son analyse de l’influence des séries TV sur l’opinion politique des individus, J. Belletante (2011) répartit les téléspectateurs en quatre types : le téléspectateur à divertir, le téléspectateur exigeant (distant ou participatif), le téléspectateur blasé et, enfin, le téléspectateur sans télévision.

[8] D’après H. Glevarec (2012 : 61), il faut réévaluer les séries à la hausse puisque leurs amateurs y accordent une « valeur identique à [celle d’] un roman et y attribuent une importante similarité (structure en chapitres, qualités narratives et analytiques, temporalité longue »).





Référence électronique : 
Antoine Delporte & Lionel Francou «La société à l’épreuve des séries TV», Émulations, en ligne. (mise en ligne 2 septembre  2014). URL :
http://www.revue-emulations.net/enligne/Francou-Delporte